Blog suisse de littérature

Bienvenue sur lie tes ratures

Bienvenue sur lie tes ratures, le blog de mes expérimentation littéraires, où vous pourrez notamment feuilleter mon carnet de bribes et de réflexions diverses, mon album de photos prises à heure fixe, mes pérégrinations diverses ainsi que les livres qui m'inspirent.

 

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Vincent Francey

Un train. Départ : dix-sept heures dix-sept. Arrivée : dix-sept heures trente-quatre. Superposer les conversations. Il fait comme eux. La tête penchée en avant, le petit appareil dans les mains, il agite de temps en temps les doigts pour passer inaperçu mais il n’a appuyé qu’une fois sur le bouton, le rouge, celui du dictaphone, à dix-sept heures dix-sept précises. Il appuiera une seconde fois dix-sept minutes plus tard, à dix-sept heures trente-quatre, puis il descendra. Geste répété chaque…

Vincent Francey

Le car est arrêté au milieu de nulle part. Négociations, menaces, bakchichs. On attend. Puisqu’on est arrêté, on prend des notes : trois poteaux, quelques maisons basses, des fils électriques, des canettes vides, des déchets au bord de la route. Aucun être humain, semble-t-il, mis à part ces deux flics. La peinture, jaune, a été refaite, le toit est neuf, il fait beau temps, le ciel est tacheté de nuages blancs, c’est un ciel ordinaire, le même qu’ailleurs, mais la terre est rouge, de ce rouge…

Vincent Francey

Soudain. Continus, lisses, solides. Puis le souffle, le chaud, le bruit. Soudain. Vrac, écume, tout est aplati, l’ici est ailleurs. Soudain. L’ordre n’est plus. Des ombres figées, des os, des résidus étalés. Soudain. Le silence. Tout s’est tu. Tout a bougé si vite que – soudain – plus rien ne saurait bouger jamais. Soudain. La fin, le début, que s’est-il passé ? Cela fut si rapide. Puis rien. Vraiment rien.

Vincent Francey

Coupure puis tas. Précipice puis dégringolade. Lentement descendre puis ce sont ceux d’après au-dessus de nous qui descendent. Au début, brûlure. Ensuite, pourrissement. L’immobilité, longtemps, tout est noir, tout est lourd, on est mort. Puis ça remue, ça s’écroule, ça s’envole, on est à l’air libre un instant, ça nous tombe dessus, les autres viennent aussi, on est à nouveau dans le noir, dans le lourd mais ce n’est plus la mort, ça vibre, ça s’envole une seconde fois, on a le ciel au-dessus,…

Vincent Francey

Est-ce ici ? Est-ce là ? Précipitation. On l’a entendu. C’est grand, il faut suivre, on suit puis on a à manger. Où est-il ? Perdues. Encore à manger. Pour le liquide : lever la tête. Baisser puis lever puis baisser puis lever, on n’arrête pas. Ça bouge. Arriver avant l’autre. Pas touche. Il suffit de lever la tête et ça glisse. D’un côté quoi ? De l’autre côté quoi ? Peu importe. On mange. On boit. On suit le grand, ça va vite, on n’a pas vu la chose en face, c’est où qu’on va ? On suit, on a…

Vincent Francey

Il doit bien avoir un défaut, ce visage si beau, lui dit-il. Rien ne bougea. Il se rapprocha. Elle ne recula pas. Il doit bien y survenir quelque accident. Il se rapprocha encore. D’elle ce fut seulement le visage puis ce fut seulement la peau et cette rougeur sur la joue, puis ce fut la joue qui s’effaça : ne resta d’elle que le rouge, un rouge lisse et soyeux qui sentait le savon, un rouge de plus en plus rouge qui ne bougeait pas, un rouge désespérément lisse et soyeux, un rouge propre, un…

Vincent Francey

Lecture d'un poème de l'auteur suisse Philippe Jaccottet, "Plaintes sur un compagnon mort", tiré du recueil Pensées sous les nuages, publié en 1983.

Philippe Jaccottet est né en 1925 à Moudon et décédé le 24 févrer 2021 à Grignan.

Vincent Francey

Un rayon de soleil pris dans le pli du rideau, des salissures sur la vitre, un peu de neige sur le bosquet, une échelle à l’horizontale, un toit, des branchages, un ciel laiteux, l’en-dehors petit à petit devenu plus clair, la neige s’apprête à fondre, un fil de toile d’araignée, le jeu vague du rideau qui bouge à peine – peut-être ce rien n’était-il qu’un oiseau – et lentement le dedans qui revient, le gond d’une porte d’armoire, une poignée, des nœuds dans la boiserie, toi. Tu es debout, tu…

Vincent Francey

Faire le mur, le refaire ainsi qu’il fut, en fond d’écran, derrière le buste parlant. La pierre est fausse, froide, elle est douce aussi, elle obsède. Tons dans les gris-beige, monotonie, un début d’ennui puis on débordera du cadre, on ajoutera du bois noueux et des griffes sur le parquet, de la poussière dans les coins, du moisi sur le crépi. De l’autre côté de la toile, un autre cadre, des lumières découpées en carreaux variés, petits paquets de ville que la vitre atténue, il suffirait de…

Vincent Francey

Vincent Francey

Quatorzième épisode du journal de mes lectures du moment :

2:31​ Émile Zola, L'Assommoir, dans Les Rougons-Macquart II, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1961 (première édition en 1877).

12:58​ Joseph Ponthus, À la ligne, Feuillets d'usine, Éditions de La Table Ronde, 2019.

16:56​ Ian Kershaw, L'Âge global, L'Europe, de 1950 à nos jours, Éditions du Seuil, 2020 (édition originale 2018), traduit de l'anglais par Aude de Saint-Loup et Pierre-Emmanuel Dauzat.

19:58​ Michel Butor, La…

Vincent Francey

Un cheval vert tirant sur le bleu sorti de la cave, on s’y glissait comme dans une robe de bois, deux bretelles sur les épaules, puis c’était le défilé, les applaudissements, des sons cuivrés par devant, des sons boisés par derrière, zizanie de bugles, d’euphoniums, de trombones à coulisse, de saxophones, et nous, nous sommes les chevaux sortis du stand qui marchons vers la victoire et chacun envoie sa boule rouge, sa boule blanche, sa boule noire, pour qu’avancent les petits chevaux du Tirage,…

Vincent Francey

Petit parcours à l'intérieur de mon livre Je de mots, dictionnaire intime, à la lettre C comme clarinette

Vincent Francey

En français : couvercles de regard. Nous préférerons dire gargouilles, comme jadis. En amont : le repérage. Elles sont au nombre de dix, abstraction faite de celles qui se trouvent sur la route, puisqu’il est bien entendu interdit de déborder sur la route, ce serait trop dangereux. Dix disposées tout au long du trottoir entre chez grand-maman et chez Jean-Pierre. Dix sur environ deux-cents ou trois-cents mètres. La distance ne compte pas. Légère descente à l’aller, légère montée au retour. Dix…

Vincent Francey

Ce que l’on voit de là-haut ressemble à cette photographie. Des avions survolaient les villages puis on vendait aux gens leur maison vue du ciel. On accrochait cela dans le salon et on essayait d’y distinguer des détails. Cela faisait renaître des époques anciennes dans les discussions d’après repas. Le grutier a de la chance : le monde aplati qu’il observe est en mouvement. La photographie a repris vie.

Une voiture rouge est parquée devant la ferme. Un Z en travers d’un cercle. Un break de…

Vincent Francey

14 février 2021. Prendre la route. Il fait froid, il fait seul, prendre l’air, rouler vers l’ouest, s’arrêter arbitrairement quand surgira la voix de Georges Brassens. Brel pour commencer, route de Payerne, mon père disait c’est le vent du nord, la bise, la température à -5° sur le tableau de bord, on ne s’arrêtera peut-être pas, est-ce que cela a un sens de s’en aller comme ça, seul au volant de sa voiture, un matin de Saint-Valentin ? Dans Payerne, Brel toujours, il y a tout, il y a l’amour et…

Vincent Francey

Journaux en miroirs des lendemains de Saint-Valentin chez un célibataire endurci : deux sœurs – peut-être, je n’ai jamais osé demander – à dix-huit ans d’intervalle.

Vincent Francey

Dans le troisième épisode de la série "Si ça me chante", je chante et commente une chanson de Barbara, Dis, quand reviendras-tu ?

Il y est aussi question du livre Il était un piano noir..., les Mémoires interrompus de Barbara, publié à la Librairie Arthème Fayard en 1998, un an après la mort de la chanteuse.

Vincent Francey

Petit parcours à l'intérieur de mon livre Je de mots, dictionnaire intime, à la lettre B comme bénichon.

J'y explore également le livre d'Anne Philipona-Romanens et Jean-Pierre Papaux Chantons, dansons, bénichonnons, publié en 2011 aux éditions La Sarine.

On y entend aussi une chanson de l'abbé Pierre Kaelin, Colin et Mariette, interprétée par le Choeur suisse des jeunes, sous la direction de Fabien Volery, mais également André Verchuren à l'accordéon et les Chevaliers du Fiel.

Vincent Francey

Petite vidéo autour du mot arachnoïde, l'une des entrées de mon dictionnaire intime Je de mots.

Vincent Francey

Quelques mots et quelques éclats de voix à propos d'une chanson qui nous rappelle que les maladies les plus graves ne sont pas toujours celles qu'on croit.

Vincent Francey

Présentation de mon livre Je de mots, dictionnaire intime, un dictionnaire de hasard et de nécessité.

Vincent Francey

Vincent Francey

Vert d’hiver vert printemps vert mes yeux verts reflet d’hiver vert mes yeux d’hiver vert mes yeux de printemps vert l’herbe et la feuille vert la mer verte la mer verte la vie verte la vie verdure vert dur dur vert duvet d’hiver hiver sans vert vert sang verser le sang vert viens vert reviens vert reviens vers nous vert d’hiver hiver vous n’êtes qu’un vilain hiver hiver vous n’êtes qu’un vilain vert hiver vert hiver vert hiver vert printemps attends printemps attends vert printemps vert l’herbe…

Vincent Francey

Lecture d'une des cent petites histoires cruelles de l'auteure valaisanne Corinna Bille, Printemps, écrite en 1973 et tirée de l'anthologie Nouvelles et Petites Histoire publiée aux éditions L'Age d'Homme , Collection Poche Suisse, en 2006.

Vincent Francey

Deux dimanche à cinq ans de distance, la même langueur dans le voyage d'hiver ?

Vincent Francey

Voici la lecture de quelques extraits des journaux de Franz Kafka, traduits de l'allemand par Robert Kahn aux éditions NOUS en 2020.

Vincent Francey

Journaux en miroirs des 31 décembre 2017 et 2020, où il est question de mots, de morts, de chansons et de gestes interdits.

Vincent Francey

Dans le numéro 17 de livresse du mercredi, je vous lis deux extraits (adolescence et avarie) d'un livre que je viens de publier en autoédition (Éditions Lie tes ratures) et qui s'intitule Je de mots, dictionnaire intime. Ce livre est déjà en vente sur Amazon et il sera bientôt possible de se le procurer via mon site ou directement auprès de moi.

Vincent Francey

Voici une nouvelle série de vidéos dans laquelle il est question de chanson française, avec pour commencer Les timides de Jacques Brel.

Vincent Francey

Dans ce nouvel épisode de mon journal de lecture, il est question des livres suivants :

3:19 Vassilis Alexakis, La clarinette, Éditions du Seuil, 2015.

10:55 Franz Kafka, Journaux, Nous, 2020, traduit de l'allemand par Robert Kahn.

15:14 Émile Zola, Son excellence Eugène Rougon, dans Les Rougons-Macquart II, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1961 (première édition en 1876).

19:30 Alain Supiot, La gouvernance par les nombres, Librairie Arthème Fayard, 2015.

26:40 J.R.R. Tolkien, Le…

Vincent Francey

Dans le seizième épisode de livresse du mercredi, je vous lis un extrait de L'origine, Simple indication, un texte autobiographique de l'écrivain autrichien Thomas Bernhard publié en 1975 et traduit par Albert Kohn dans la collection L'Imaginaire Gallimard.

Vincent Francey

Dans le quinzième épisode de mes lectures du mercredi, voici un extrait du Pont de Bezons de Jean Rolin, un livre paru chez P.O.L éditeur en 2020.

Dans le quatorzième épisode de livresse du mercredi, je vous propose la lecture d'un extrait du roman d'Émile Zola La faute de l'abbé Mouret, le cinquième de la série des Rougon-Macquart, paru en 1875. Après le soleil qui réveille la vie en Serge, voici le moment de la faute.

Vincent Francey

Dans le treizième épisode de mes lectures de livresse du mercredi, je vous propose une nouvelle de l'écrivain états-unien Raymond Carver, Le bain, tirée du recueil Parlez-moi d'amour, paru en 1981 et traduit en 2010 aux Éditions de l'Olivier par Gabrielle Rolin.

Vincent Francey

Dans le douzième épisode de livresse du mercredi, je vous propose la lecture d'un extrait du roman d'Émile Zola La faute de l'abbé Mouret, le cinquième de la série des Rougon-Macquart, paru en 1875.

Vincent Francey

Dans le onzième épisode de livresse du mercredi, je vous propose la lecture du début de l'essai Pyrrhus et Cinéas de Simone de Beauvoir, publié aux éditions Gallimard en 1944 et disponible dans la collection folio essais avec Pour une morale de l'ambiguïté.

Vincent Francey

Dans le dixième épisode de livresse du mercredi, je vous lis un second extrait du roman Les Lionnes de Lucy Ellmann publié en 2019 et traduit par Claro en 2020 aux éditions du Seuil, Fiction & Cie.

Vincent Francey

Dans le neuvième épisode de livresse du mercredi, je vous propose la lecture d'un extrait du roman Les Lionnes, de l'auteure états-unienne Lucy Ellmann, publié en 2019 et traduit par Claro en 2020 aux éditions du Seuil, Fiction & Cie.

Vincent Francey

Dans le huitième épisode des lectures de livresse du mercredi, je vous propose un extrait du livre Absolument modernes ! de l'écrivain suisse Jérôme Meizoz, paru aux Éditions Zoé en 2019.

A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.