Blog suisse de littérature

Journaux recalés : passé et présence

L'écriture d'un journal ouvre un espace de liberté. Celui-ci se dédouble en revenant à des textes écrits il y a plusieurs années puis en retrouvant le présent à travers un journal vidéo recalé.

Vincent Francey

Dans le sixième numéro de mon journal d'écriture livresse d'écrire, je parle des carnets que j'utilise pour prendre des notes. Il y est question à travers eux d'un lointain voyage en Chine, de mes écritures d'ailleurs, celles du samedi, des ateliers d'écriture de François Bon et du futur spectacle Celsius.

Vincent Francey

La fatigue de l’enseignant, vue de l’extérieur, est un mythe. Dix périodes de cours aujourd’hui. Le profane s’esclaffe. Ça ne fait même pas dix vraies heures puisque chez les profs, une heure, c’est quarante-cinq minutes. Pourtant, je suis tellement crevé que j’ai bien de la peine à faire le calcul : sept heures et demie ! Une journée normale quoi, dira-t-on. Si on fait fois cinq, on n’arrive même pas aux quarante-deux heures réglementaires. Dix heures de cours en un jour ? Tout prof compatit.…

Vincent Francey

Dans le trente-huitième épisode du journal recalé, j'explore en les filmant maladroitement quelques interstices volés au temps durant le mois passé.

Vincent Francey

Il fait chaud en cachette. L’été s’accroche malgré la pluie. Détails ? Quand on sue, il semble que rien d’autre n’existe, que la vie n’est que transpiration, que le corps n’est capable que de suinter. La fenêtre ouverte cherche l’air comme je recherchais tout à l’heure cet air de Mozart d’avant l’été, un peu oublié, bientôt obsédant. Sinon, en cette saison, une phrase papillone : bientôt la bénichon. Les jeunes sont obligés de la fêter dans des abris PC. Une honte ! Il y a aux Arbognes un…

Vincent Francey

Voici le cinquième épisode de mon journal d'écriture livresse d'écrire, dans lequel j'évoque un projet de livre en cours sous forme de dictionnaire, à partir notamment des articles diconner de ce blog.

Vincent Francey

Les visages tout neufs me scrutent. Que pensent-ils ? Ils ne disent pas grand chose. Ils s’ennuient déjà. Ou pas. La rentrée est une renaissance. On se demande si ça va passer ou casser. Au début, on s’observe. Lequel sera le crapaud ? L’appel du crapaud, livre parfait pour la rentrée. Pour l’instant, on s’aprivoise, on joue au renard et aux petits princes, on attend. Les visages sont indifférenciés. C’est le groupe des filles sur la plage de Balbec, pas encore Albertine. Quelques-uns sortent du…

Vincent Francey

Dans le trente-septième épisode du vlog le journal recalé, le dernier de l'année 2019, il est temps de réfléchir à la suite à donner à ce journal.

Vincent Francey

Travail. Ça recommence. Pourquoi ? Et si on s’en passait ? Bien sûr, on s’attache aux élèves, on aime la matière, on prend du plaisir au show, mais si ça ne recommençait pas selon contrat, ferait-on la rentrée chaque année ? Les profs, paraît-il, s’habituent vite à la retraite, parce qu’ils ont l’habitude des longues périodes d’inactivité professionnelle. Et si je prenais un peu d’avance… Je ferais comme dans Les Renards pâles de Yannick Haenel, je dormirais dans ma voiture après avoir jeté tous…

Vincent Francey

Dans mon quatrième épisode de livresse d'écrire, mon journal d'écriture, j'annonce l'ouverture d'un nouveau blog :

Vincent Francey

J’ai contrôlé. Oui, il l’a bien écrit. Encore une lecture en vue, tout comme les voyages de Gulliver, à cause de la fanfare. Personnages : le monsieur à barbiche qui se promène tranquille et la dame au chien blanc. Il suffit de regarder par la fenêtre. Le cantonnier à la rose. Hubert Audriaz. L’homme-statue qui n’arrête pas de bouger, le petit flic basané et le grand à moustaches, le syndic et ses vestes en cuir qui sort de l’apéro, dégaine de socialiste embourgeoisé. À Fribourg aussi, il y…

Voici le trente-sixième épisode de mon vlog le journal recalé, en écho à un très beau concert dont je fus le spectateur dans la très belle église de Ressudens.

Merci à l'Ensemble vocal Chorège et à son chef Fabien Volery, ainsi qu'à son papa Francis Volery pour Noël tzigane (paroles de Gérard Plancherel).

Merci aussi à Catherine de Blasio et Hervé Tissot à la clarinette.

Le premier chant est du compositeur italien Bepi de Marzi.

Vincent Francey

Lecture du journal d’un écrivain. Günter Grass en 1990. Il mélange réflexions politiques, vie quotidienne et projets d’écriture. Faisons de même. Bientôt des élections en Suisse. Indifférence totale. Rien d’assez à gauche. Aujourd’hui, visite de ma propriétaire. Il faudrait songer au déménagement, au tri, à la déchetterie. J’ai préféré lire. Que faire de L’homme à la valise ? Garder le contenu actuel et ne travailler désormais que le style, ce langage populaire amélioré dont j’ignore s’il est…

Vincent Francey

Voici le troisième épisode de mon journal d'écriture, dans lequel j'évoque, à travers mon projet autour de la ville de Fribourg, la forme de sa future publication, blog ou livre, et ce que cela implique en ce qui concerne l'écriture elle-même.

Vincent Francey

La crêpière charmante se penche. Envie de sucre. Un bagad fait la chasse aux canards. Le peuple de Fribourg, aux rencontres folkloriques, se bariole. L’accordéoniste trapu auvergne une bourrée. Je ne boirai pas tant que cela. Laphroaig Quarter Cask, un goût de cigare mal éteint, délicieux. Sur le mode d’emploi, il est écrit banane de goudron. La crêpière a souri. La petite souris aussi. Et sa sœur. Mignonnes. Nous n’irons rien voir. La rose du cantonnier se laisse bouffer par le glouton. La…

Vincent Francey

Dans le trente-cinquième épisode du vlog le journal recalé, il est question de libérer de l'espace et de jeter les vieux papiers.

Vincent Francey

Revivons quelques instants, à travers mille belles images collées sur la rétine et sur l’écran, cent belles musiques restées dans l’oreille et quelques souvenirs encore chauds, l’aventure douce de la Bourgogne. Le beau charivari. Le bateau quitte le port tout en lenteur. Il grimpe l’écluse en chassant les derniers nuages, voilà le ciel à son premier matin qui se découvre. Déjà les voix s’épanchent, pas encore éblouies, juste joyeuses de retrouver les essentiels. Partout chapelles, églises et…

Vincent Francey

Voici mon deuxième journal d'écriture dans lequel j'évoque cinq notions : le roman (à 1:31 sur la vidéo), le lecteur (à 7:14), la publication (à 11:20), les hypothèses (à 17:57) en lien avec celles que j'ai écrites dans le cadre de l'atelier d'écrire "pousser la langue" de François Bon (à lire ici : www.tierslivre.net/ateliers/au-chalet-suites/) et les fragments (à 23:01).

Vincent Francey

Je reste dans mon lit douillet. La musique qui claque du fouet, cela ne me regarde pas. La journée dégoulinera de patriotisme faux-cul. On se congratulera parmi dans le mépris des voisins pauvres, des Français râleurs et des Allemands envahissants. On dira des mots sans réalité, solidarité si on est de gauche, liberté si on est de droite. On se dira qu’on est quand même bien chez nous, qu’y en a point comme nous, que la Suisse, c’est, comme le sapin au bout du tunnel du brave Adolf, formidable.…

Vincent Francey

Dans ce trente-quatrième épisode du vlog le journal recalé, je vous parle de quelques changements qui vont survenir sur le blog et sur la chaîne YouTube.

Vincent Francey

Peut-on déconstruire la société du spectacle, alors qu’elle le fait constamment elle-même et que sa déconstruction est elle-même spectacle ? La com envahit tout. Les politiques chantent (faux). Les journalistes se mettent en scène dans leur agressivité ou leur rondeur faussement bonhomme. Les artistes s’exposent plus qu’ils n’exposent leurs œuvres, ou exposent leur discours sur comment ils exposent leurs œuvres. Tout est transparent, c’est l’impératif moral catégorique, et bien sûr la…

Vincent Francey

Voici le trente-troisième épisode du vlog le journal recalé, où je retrouve la chambre de mes dix-huit ans un jour de recrotzon.

Vincent Francey

Entrée en Italie. La radio s’appelle Santa Maria, on y entend, sans rien y comprendre, de veilles voix ecclésiastiques qui palabrent autour de la bestia quelque part entre l’enfer de Dante et les sombres forêts du Piémont. Au milieu de nulle part, perchée sur des montagnes perdues, se dresse une immense basilique qui répond au joli sobriquet de Vierge du Sang. Rien que le nom fout les jetons. J’entre. Six vieilles à genoux, une bonne sœur et deux touristes abasourdis récitent le chapelet dans le…

Vincent Francey

Voici mon journal recalé de bénichon, réalisé au milieu d'un bric-à-brac inspirant.

Vincent Francey

Etrange idée que d’égrainer ces mots, que de poursuivre le flux sans fin des discours, que d’écrire au lieu de vivre. Je n’ai rien à raconter mais j’aime raconter ce rien, parce que la vie demande à être écrite pour ne pas s’envoler. C’est l’oiseau dans la volière qui se cherche dans l’écriture, le bel oiseau triste, prisonnier dans un monde qu’il ne comprend pas. Ses plumes, et la mienne, métaphorique, parce qu’il est loin le temps où j’écrivais à la plume, colorient les murs de sa – de notre –…

Vincent Francey

Dans ce journal recalé de rentrée, je vous présente mon planning. Ce sont en quelque sorte mes bonnes résolutions pour l'année nouvelle, puisque quand on est enseignant, l'année commence à la fin août.

Vincent Francey

Se soûler de violence et de sang devant sa télé, avouons que nous y succombons – si l’on puit dire – nous aussi. Faut-il s’alarmer parce qu’on se délecte de l’hécatombe de Games of Thrones ? Faut-il continuer la sanglante aventure dans la vraie vie, dans cet Orient compliqué qui se suicide sous nos yeux ? D’Europe, nous regardons le monde prendre feu, de l’autre côté du mur, sans garde de nuit. Les marcheurs colorés avancent, ils prennent des trains en Macédoine, ils coulent en Méditerranée, ils…

Vincent Francey

Je suis allé hier soir à la Fête de Vignerons. Voici quelques mots à propos de cet événement hors du commun.

Vincent Francey

Vivons enfin dans le monde des bisounours ! Experts et cyniques de tout poil, gris ou noirs, sinistres, assènent qu'être gentil, c’est être faible et qu'on ne vit pas dans le monde des bisounours. Quand j'entend cela, j'ai soudain une folle envie de frapper, mais comme je suis gentil, donc faible, je ne le fais pas, mais je me demande quand même quel crime épouvantable les bisounours ont bien pu perpétrer pour qu’on s’acharne à ce point sur eux. Ils se sont fait des bisous, des papouilles même…

Vincent Francey

Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? Réflexion sur le lutrin, à partir de la troisième proposition de l'atelier d'été de François Bon : www.tierslivre.net/ateliers/proposition-03-cinq-fois-sur-le-metier/

Musique : Louis Cahuzac, Ballade à Ophélie, par Guy Dangain et Misaki Baba.

 

Vincent Francey

Le jaune est devenu une marque déposée des minions. Le matraquage fonctionne : il crée des masos, des gens qui en veulent encore, qui ne sont pas fatigués de voir ces machins partout distillant phrases idiotes et sourires niais tous les deux centimètres et toutes les deux secondes. L’invasion des cerveaux – déjà ramollis en cet été caniculaire – par la bêtise de la propagande jauniste montre une fois de plus l’humanité moutonnière, celle qui levait le bras en 1933, celle qui siffle l’adversaire…

Vincent Francey

Vacances, vide, interstices, journal en plein air pour parler de presque rien.

Vincent Francey

Tout à l’heure, j’observais une toile d’araignée en écoutant Michael Jackson. Seule subsiste la toile. Peut-être l’humanité s’achèvera-t-elle aussi ainsi : ne subsistera que la toile, les fils tendus entre les corps, le réseau vivant d’une entité morte. Déjà le réel s’estompe. On ne sait plus qu’il y a des pauvres. On ne voit que des chiffres qui défilent, des courbes du chômage sans chômeurs, des statistiques sans objet. L’argent n’est plus rien. Il ne sonne plus ni ne trébuche. Il tombe. Dans…

Vincent Francey

Voici mon journal recalé du 30 juin 2019, où il est question d'évaluation à l'heure où se termine la saison des examens.

Vincent Francey

Désordre à la Fellini, discipline chez Foucault. Des gens sont éparpillés, assis par terre, couchés les uns sur les autres, des petits, des grosses, des hippies, des ouvriers et des cardinaux. D’autres sont enfermés dans des cellules froides, surveillés jour et nuit par l’œil invisible, seuls jusqu’à ce qu’ils changent. Seuls jusqu’à jamais. Abandonnés comme des Grecs. Il faudrait retrouver ce désordre à la Fellini, cesser de raconter des histoires à dormir en tôle, saisir au hasard de belles…

Vincent Francey

Peut-on chiffrer la musique ? De manière plus générale, que signifient les classements, les points, les notes, les chiffres en tout genre qui nous catégorisent ? Quels sont les mots derrière les chiffres ? Brève réflexion pour donner du sens à une déception.

Vincent Francey

L’Europe se suisside : elle devient suisse. Elle joue au hérisson, elle se planque dans les abris antiatomiques de son réduit communautaire, elle a le même ennemi que nous : le pauvre. La Grèce crève sous le poids de l’austérité ? Elle ne crève pas encore assez, enfonçons le clou en jouant aux bons Allemands rigides. Une Europe où l’Allemagne impose sa force réveille de mauvais souvenirs. On sait l’histoire : elle ne se répète pas mais elle marque. On n’a pas oublié, en Grèce, l’occupation…

Vincent Francey

Voici quelques images et surtout quelques sons volés lors du 98ème Giron des Musiques broyardes à Corcelles-près-Payerne, que j'ai passé en compagnie de mes amis de la Concorde de Montagny-Cousset.

Vincent Francey

Grimper des montagnes. Les jambes durcissent. Elles veulent imiter les pierres. Au sommet, le vin doux et le nom des vanils me reposent. On oublie tout et on se dit, comme ça, sans réfléchir, au plus près de la réalité, que c’est beau, juste ça, c’est beau, et on regarde. Il faudrait, pour écrire ce que fait naître au corps usé et à l’esprit vide la contemplation et l’épreuve de la montagne, des mots rocailleux, des phrases sèches et rudes, un rythme lent, irrégulier, léger jusque dans sa…

Vincent Francey

Petite vidéo-réflexion sur les livres figés dans mon dos et sur les livres que j'ai à faire.

Vincent Francey

Ils sautent du pont. Le Magasin des suicides. Sur le banc, le livre noir. Sous le soleil, j’observe. Ils nagent. Des Espagnoles les rejoignent. Elles sautent aussi. Elles nagent aussi. Je n’oserais pas. Tremper les pieds, par cette tchaffe ? Même pas. Je continue le bouquin. Le baiser de la mort : tu l’embrasses puis tu crèves, sauf si elle t’aime. Là, tu ne l’embrasses pas, même si tu l’aimes à mourir. Les petites Espagnoles en bikini sont mignonnes. Elles ne sont d’ailleurs peut-être pas…

Journal décalé

A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.