Blog suisse de littérature

Ailleurs : au bistrot et partout

Les mots parfois se font vagabonds. Cette écriture d'ailleurs prend ici deux formes, la première tente de retranscrire les multiples ambiances de ces lieux si particuliers que sont les bistrots, la seconde prend quelques notes un peu partout, au hasard de mes escapades.

Vincent Francey

La pluie rêve-t-elle de Chine ? S’imagine-t-elle des dragons et des feux d’artifice pour la transpercer de chaleur ? Rêve-t-elle de déluges et de moussons plus exotiques ? Elle pleut, elle ne sait faire que ça, la pluie de chez nous, elle pleut et pas même elle pleure et elle reste désespérément douce. Quelques vieux Européens font comme si nous ne nous étions pas encore fait bouffer par les tigres de l’Empire du Milieu et comme si la victoire définitive de la Chine n’était pas déjà certaine…

Transpalette Fendt perclus d'arthrose, pneus de tracteur, remorques, ferraille, planches et tonneaux, objets à l'abandon qu'on pose en vrac par terre pour le plaisir de les regarder rouiller.

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Rails, fils électriques, portées de peinture blanche pour musique de vent et d'avion, faute de train.

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Serres, emballages-cadeaux pour terre.

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L'aiguille rouge de l'horloge fluide quand partout ailleurs ça bat la mesure.

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Et la voie de chemin de fer qui à la fin se cogne…

Vincent Francey

Erreur de casting, me voilà largement doyen d’âge. Peut-on s’arrêter au XXe quand on a plus de vingt ans ? Peut-on se dire en toute innocence que la serveuse est charmante quand on arrive sur le seuil des quarante balais ? Peut-on ne pas passer pour un vieux cochon venu mâter la midinette affairée sur l’ordinateur d’à côté ? Partout, des smartphones accaparent l’esprit des gamins qui s’ennuient. Partout, des barbus sans poils blancs sourient à des bières légères comme leur tête vide qui se…

Vincent Francey

Veille de rentrée. S’habituer : il pleut.

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E : Tétris ou boucle, passer son temps à insulter les architectes.

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F : rideaux brodés sur béton-boutons, école de couture et de maçonnerie.

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K : Condecta sur la ligne bleue (ne pas oublier de régler le chauffage).

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C : passé (pas C).

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L’œuvre : marelle à géants (nom de code : Quilt).

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Les bancs (béton aussi) sous le préau pour garder le cul au froid.

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Saint-Michel : affirmer l’ancienneté…

Vincent Francey

Les oreilles coupées du monde, apaisées par quelque musique tout aussi de fond que celle qui gigote dans celles des autres, un homme frisé est occupé à écire au stylographe sur des feuilles qui ne resteront pas blanches longtemps. Il n’a pas la chance de vivre cette angoisse si vantée par nos écrivains patentés. Sans doute n’est-il d'ailleurs pas écrivain. Mais l’angoisse de la page blanche est une illusion. L’angoisse de l’écrivain, c’est celle de la page mal remplie qui aurait mieux fait de…

Vincent Francey

Pistes de pétanque, feuilles mortes, herbes folles, l'été est si vite oublié.

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Rouge et bleu, l'immeuble hésite quant à la mixité. Le gris des balcons incite guère au flirt.

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Môme à capuche : aux confins de la ville, on s'invente des banlieues.

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Bruits de débroussailleuses contre tronçonneuses au loin : guerre contre nature.

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Des voix : Luca qu'est-ce qu'il y a tu veux que je descende vous vous croyez quoi ça suffit c'est le bordel. Echo aux tronçonneuses.…

Vincent Francey

Comment une telle coupe de cheveux est-elle possible ? Ne tentons pas de la décrire, c’est impossible : on dirait un nid de poule renversé après le passage du renard. La femme qui pendouille dessous prend des airs d’institutrice revêche en face d’un jeune homme soumis qu’elle fouette ardemment à grands coups de martinet les nuits de pleine lune dans la cave voûtée de son château westphalien. La bière, d’ailleurs, est une Kellerbier, une – il est temps de récupérer nos rudiments d’allemand –…

Vincent Francey

Les Fauvettes, l'église, le cimetière. Vision d'avenir.

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Forêts survivantes à perte de vue, si n'étaient des montagnes pour denteler l'horizon.

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Hubert balaie. On le distingue à peine devant le chalet. On ne fait que deviner sa moustache. Le Canal est caché sous les arbres. Hubert en balayant regrette la cascade. Sa moustache se hérisse. Il faudra ressortir les vieilles diapositives.

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Montagny-les-Monts, seul replat.

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Ligne bleue du Jura parfois déchirée.…

Vincent Francey

Guitare flamenca et charcuterie teutonne se sont acoquinées. Elles ont pondu des chorizos tout roses. Les Allemands les bouffent à n’en plus finir. Ils parlent profond, comme le cante jondo de Garcia Lorca, mais en plus gras, en plus grave, en plus content de soi. Ils se souviennent avoir bombardé Guernica. Sur les murs, des photos de pauvres, le noir et blanc des sombres ruelles d’Altona à la nuit venue, quand se sont couchés les Hambourgeois repus, satisfaits et gonfles. Une serveuse gitane…

Vincent Francey

Ils vivent sous l'autoroute. Est-ce pour cela qu'ils parlent ainsi ?

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Place de jeu immobile. Couleurs. Sac plastique. Il fait froid.

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Rosée sur bancs. S'asseoir sur pierres.

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Et la rivière pour répondre à l'autoroute.

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Et les oiseaux qui s'égosillent.

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Et l'écriture ? Lente. Abasourdie.

Vincent Francey

Quand les vieux boivent le café du matin, de quoi parlent-ils ? D’infarctus, de souffle qui manque, de chambre d’hôpital. Ils se disent que ça pourrait être eux, qu’on a de la chance de pouvoir encore lire le journal en allemand, même si c’est le Blick et que surtout on regarde les photos. Sur la terrasse où les pages lentement se tournent sur des commentaires baragouinés, rien n'a lieu. Quelques inspecteurs des travaux finis se promènent sur le chantier voisin. On entend passer des voitures. De…

Vincent Francey

Moteur de moto qui s'en va, eau lente qui se berne, maisonnettes des rivages, reflets tranquilles d'un soleil de presque-automne.

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Trois toblerones, pas de baigneurs, quelques oiseaux, la ville pourtant si proche.

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L'Aar pour l'Aar.

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Bateaux déjà recouverts d'un voile, toile bleue de l'hiver.

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Graffiti sur le vieux pont : OWZ. Comme une insulte que personne ne comprendrait jamais, ici où personne ne s'insulte.

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Une tête de mort : Gefahr Nicht…

Vincent Francey

La terrasse est une prison qui enferme à l’extérieur les glandus des Grand-Places, scouts en vadrouille, familles en pic-nic, réfugiés mal intégrés, toxicos en tout genre qui viendraient à coup sûr pisser sur les bonzaïs et vomir dans les cendriers si on ne mettait pas le holà. La fontaine à Tinguely ne peut pas asperger les clients fort rares d’un établissement qui sans doute s’enorgueillit de n’accepter que du beau linge, cadres dynamiques en mal de pizzas ou patriciens qu’on ne mélange…

Vincent Francey

Le bleu, à Fribourg : couleur du ciel et couleur des poubelles.

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Borne bleue au cœur du havre de verdure : n’aurais jamais pensé un bleu si agressif.

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Tristesse du kiosque à l’abandon : la machine Selecta, peu causante.

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Passe une jeune fille qui mange une pomme. Jalouse, Selecta vomit ses ragusas.

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Et ce tronc si énorme qu’on dirait un volcan.

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Un moustachu au pied de la grande carte cherche un barbier. C’est facile, lui répond-elle, des barbiers, à…

Vincent Francey

C’est l’heure où se croisent ouvriers et retraités. Les maçons ont déjà l’œil fatigué, les vieux aussi. Le peintre soupire. L’électricien se concentre : surtout ne pas perdre le fil du Matin. C’est lundi, les autres sont en vacances. La pause sera un peu plus longue que d’habitude. Le patron est loin. Arrivent d’autres peintres au regard ahuri : t’es déjà à la pause ? Le premier peintre soupire : le patron est loin. Les maçons veulent payer. Ce n’est pas parce que le patron est loin que. De…

Vincent Francey

Cri noir de l’eau, ronronnements des mots et des moteurs sur le pont, sous le crâne.

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Cailloux : les plats, pour les ricochets. Échec.

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L’eau : toujours la même, jamais la même. S’asseoir au bord de l’eau : revenir aux questions premières.

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Caché sous la mousse, que cracha jadis ce tuyau ? Tristesse.

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L’écume est la partie de l’eau la plus bruyante.

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Tremper ses doigts dans l’eau pour se sentir un peu fleuve.

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La rivière voyage sans bouger.…

Vincent Francey

Une bestiole de ferraille illuminée pour un Noël imaginaire, Avenue du Champagne de son petit nom, surveille les menteurs rivalisant de saillies à la table éponyme. Les nuits d’orage, raconte le plus suisse allemand de la bande, je me mets tout nu sur la terrasse. Un autre : à l’époque, les femmes étaient gentilles. Y a-t-il un lien ? Venaient-elles avec lui, nues sur la terrasse, écouter le grondement du tonnerre ? Y a-t-il alors eu coup de foudre ? Des voix trop peu romandes viennent brouiller…

Vincent Francey

Le calme avant la bataille : ici se sont rassemblés les seigneurs confédérés. Un canon à eau bombarde les champs.

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Dévotion : Urbain combien, le pape du vin ? Saint Vincent, le saint du vin.

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Ils vainquirent les Bourguignons. Ils burent du Vully. Le lendemain, ils prièrent pour que cela cesse, ce mal de tête.

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Soumis à la tentation : tirer la corde, sonner le tocsin, jouer les don Camillo. Seigneur, ne nous laisse pas entrer en tentation.

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Le sang des…

Vincent Francey

6-0, puis abandon, le soleil l’a emporté sur la terre sèchement battue. Les autres courts sont à court de joueurs. Au loin, on entend encore quelques Nadal mal coachés se muscler le bras droit. La bière fait de même pour mon coude, avec plus de régularité. L’entrainement vient de commencer. Je pense rattraper Federer sous peu au grand chelem de l’apéro. Sur le gazon, nul Wimbledon, juste des chaises longues vides qui n’attendent que des blessés à apaiser quand l’ombre des arbres aura vaincu le…

Vincent Franncey

Les pirates du Léman, à bord de la Vaudoise, sont moins dangereux que les canards.

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L'îlots d'arbres abrite-t-il un trésor ? Les pirates remplissent les formulaires pour accoster en règle.

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Clapotis : houle du Léman.

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Une dame promène ses chiens dans une poussette.

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Reflets du soleil sur les vaguelettes : inutilité des feux d'artifice.

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Une mouette attend : elle a peur des cris d'enfants.

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Arrive un petit bateau à moteur : les pirates, jaloux,…

Vincent Francey

Pas de produits locaux, surtout pas. Tout est importé d’Asie. Je sirote une bière japonaise dans un verre Carlsberg. Le Danemark, c’est en Asie, non ? Parfois, la géographie se brouille. Un parasol se prénomme Café de Paris et son voisin de terrasse Coca-Cola. Bref, la mondialisation est en marche, et en marche, c’est français. Sur la façade d’à côté, des vieilles pierres fribourgeoises d’origine contrôlée : un m qui veut dire McDo. À l’étage : un salon de coiffure qui s’appelle à l'étage ;…

Vincent Francey

Donner des noms aux montagnes et aux fleurs : une diversion. Un complot des géographes et des botanistes contre les poètes.

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Jeu de nuages et de sommets : cache-cache géant.

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Mouches du sommet : mastodontes gâche-sublime.

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La montagne, c’est mon rêve. La montagne, pour les jambes, c’est un cauchemar.

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Les Gastlosen sont des canines d’alpages.

Vincent Francey

Gustave Courbet à Bulle avec des amis

Les vieilles dames se tiennent à l’intérieur. Il y a quand même un petit courant, voyez-vous, à notre âge. Sur la terrasse, je suis seul avec Gustave Courbet (1819-1877), membre d’honneur du Cercle littéraire et de commerce. Il me tient une conversation fort peu disserte. Sur un ton neutre, la radio annonce de mauvaises nouvelles. Un camion-balais nettoie le trottoir d’en face. Alors, monsieur Gustave, quel bon vent vous amène ? Un petit courant, répond une vieille dame, sans oser sortir. Le…

Montagnes : quand la pierre se rêve ciel.

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Viincent Francey

Il était une fois…

Le comptoir invite au conte.

C’est un contoir.

Un conte-voir.

Il était une fois un homme et une femme qui se caressaient les mains. Ils vivaient heureux et n’avaient pas d’enfants. Ils étaient l’un à l’autre leur propre enfant et se racontaient des histoires simples, se disaient « le temps passe », s’en amusaient, précisaient leur pensée : « Le temps passe comme les trains. »

Il était une fois deux femmes silencieuses qui fixaient le vide et se chuchotaient des…

Vincent Francey

Fleurs en self-cueillette : suicide assisté.

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Vincent Francey

Les murs sont capitonnés comme dans les asiles de fous au cinéma. Tout semble dater d’un jadis imprécis et usé, d’une époque bénie où le septième art était roi. On se croirait presque dans un train mythologique, quelque Orient-Express reconfiguré, concaténé, à l’arrêt dans une gare autour de laquelle nulle ville ne fut construite sinon en carton-pâte pour un film avec Humphrey Bogart, Omar Sharif et Audrey Hepburn.

Derrière le vieux comptoir se mijote quelque drame. Une matrone latine explique…

Vincent Francey

Lire : SNACK CHEZ ILJAZ Cabinet Dentaire Suzanne Thoma Bacsinsky Route du Tivoli Trésors Domicim amplifon les experts de l'audition STOP France Boutique En cas d'enneigement Dany-Fleurs En cas d'enneigement 3 places K kiosk Jouez! PMU 3x tpf Picasso Oclaire Coup d'Pouce Vaudoise CHF Banque Cantonale 4x4 Ranger.

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Vincent Francey

A l’entrée, il est écrit viennoiseries. Sur le mur, des dorures impériales vous téléportent dans le Café Central au temps de Sissi et de la polka. Un synthétiseur et une voix débraillée viennent tout gâcher. La statue de Johann Strauss, le château de Schönbrun et les larges avenues de la capitale austro-hongroise semblent soudain bien loin. Ici, on choppe au passage quelques allusions au patrimoine, on les brasse et on les tire au sort afin que vos courses prennent un vague air de voyage.…

Vincent Francey

Requiem aeternam : une planche vole dans le ciel, suspendue à une chaîne.

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Vincent Francey

Les masques grecs parlent bolze. Ce sont des personnages de théâtre, des antiquités qu’on assied à des tables collées au comptoir et à qui on offre des canettes de cardoche pour que les touristes se croient dans un lieu authentique. En réalité, ces deux moustachus au visage rouge et aux cheveux raides sont des ruines. Ils causent comme des automates d’un temps qui n’est plus, celui de l’ancienne brasserie de l’Auge, le temps où Gottéron jouait (et gagnait!) aux Augustins avec Hubert Audriaz dans…

Couler le savoir dans le béton.

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Vincent Francey

Kebab et pizzeria à la fois, ça sent la maffia turque à plein nez. Un fumet subtil d’oignon, de tomate, de viande recomposée et de kalachnikov se dégage d’un antre mi-sicilien mi-erdoganien. Des jeunes y viennent pour sentir le vent du boulet. Ils frôlent le djihad en se gavant de dürüm ou se bastonnent à grands coups de penne carbonara. Les serveurs mal rasés les regardent d’un air méfiant. Ils ont l’air trop africains ou trop suisses, ces freluquets. Epiçons le kebab façon vendetta, ils ne…

Vincent Francey

Accumulation de savoir dormant.

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Vincent Francey

Sur la vitre, en rose et vert, des équations invitent l’unique client à la migraine. Sur la scène, une femme invisible, perchée nonchalamment devant un micro, se demande, érotique comme jamais ne pourrait rêver de l'être une femme réelle, s’il faut partir ou s’il faut rester. Should I stay or should I go ? La pluie a assombri la rue de Morat et le mur de la prison monacale qui fait face au lounge bar, faux salon où derrière une tapisserie décorée de tableaux invisibles deux Espagnoles se…

Vincent Francey

Parquet qui craque, clarinettes qui couinent.

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Vincent Francey

La 52 est prête ! Les pizzas bronzent sur le feu de bois pendant qu’un nain souriant surveille les poissons de l’étang qui bientôt finiront dans les assiettes des couples variés qui terminent leur week-end estival par un souper en amoureux. Les vieux n’osent pas se mettre l’un en face de l’autre et les jeunes en tongs ne savent pas quoi se dire. Il est temps de reprendre le boulot, se plaignent-ils en silence, pendant que des parents fatigués se disent que sans les enfants, ce serait nettement…

Vincent Francey

Avant-saison, avant maisons.

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Vincent Francey

Le monde, comme chacun le sait, tourne autour des Arbognes, seul trou d’air pur en ce solstice surchauffé. Une serveuse en jupe rase y résout le problème pourtant insoluble des culs qui passent (cf la terrasse du Bindella). En effet, quand un seul cul passe et repasse une bière à la main, on a le temps d’en apprécier les subtilités en toute quiétude, à condition bien sûr que d’autres clients hormis Marc-Henri et moi-même aient l’idée saugrenue de chercher un peu de fraîcheur au centre de…

Vincent Francey

Bain de foule bio : barbes et pains, légumes humains.

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Au bistrot

Ailleurs

A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.